Beau Dommage, musicalement revisité mais respecté.

Aujourd’hui après 30 représentations, on peut affirmer que Le Blues d’la Métropole est une vraie comédie musicale. Quand le public sortait de la salle en avril 2010, les commentaires étaient unanimes,  les spectateurs venaient de vivre une expérience ou de revivre une période de leur vie. Peu de spectacles rassemblent les trois formes d’art pour être une comédie musicale, le théâtre, le chant et la danse. Quand on a commencé l’écriture, on voulait la grosse affaire pour cette œuvre si riche que nous offrait le répertoire de Beau Dommage.  Il était important pour Michèle et moi de donner du rythme au spectacle et de passer par toutes les gammes d’émotion en racontant notre histoire, autant au niveau visuel qu’auditif.

De mon côté, j’avais eu la chance de voir Jersey Boys, Wicked, Billy Elliott, West Side Story, Mamma Mia, In The Heights et Spring Awakening sur Broadway ainsi que LOVE et KA du Cirque du Soleil à Las Vegas. J’avais beaucoup de repères et de toute évidence comme toutes ces comédies musicales qui sont des succès incontestés, le rythme était un facteur important à respecter.

En plongeant dans les paroles des chansons, on s’est rendu compte à quel point plusieurs textes de Beau Dommage sont tristes sur des musiques tout de même gaies, comme exemple la chanson « Montréal ». Les paroles de cette chanson servaient beaucoup à notre histoire, mais avec la musique s’était difficile d’imaginer la scène du père qui réconforte son fils en peine d’amour parce que le rythme était trop « happy ». J’ai commencé à fouiller dans ma mémoire et dans ma musique pour trouver un rythme semblable à la chanson originale mais qui nous gardait dans un sentiment plus éploré, plus près du texte. Ça été un exercice vraiment agréable et créatif.

Mais il fallait avoir le culot ensuite de proposer ça à Michel Rivard et à Robert Léger.

Je nous vois encore leur expliquer qu’on voulait se servir de la chanson « Ça fait longtemps » pour une scène entre Marie-Chantale et Marc mais qu’on voulait en faire un vrai slow! Ou encore qu’on voulait faire un medley avec les chansons qui parlent de la nuit. Michel et Robert ont compris immédiatement et ils ont complètement embarqués. Comme la chanson « Le passager de l’heure de pointe ». À cette étape du spectacle on jugeait qu’on devait présenter une chorégraphie dynamique, ce que la musique ne provoquait pas. J’ai fait écouter à Michel et Robert une chanson d’un artiste qu’on aime beaucoup So Wrong de Chris Velan. La musique de cette chanson apportait un rythme plus vite, plus énergique pour ce qu’on présentait sur la scène et Nico Archambault et Wynn Holmes ont crée une chorégraphie impressionnante qui raconte les journées monotones que vit notre personnage Marc à son bureau.

L’aventure a été poussée jusqu’à ce que ce soit Michel Rivard qui lance l’idée de faire autre chose avec Ginette. « 3000 fois faire Ginette ainsi….on peut sûrement la faire autrement ». On a inséré un rythme de tango qui permet une chorégraphie sensuelle et magistrale. SUPER! C’est un numéro fort du spectacle. Mais je pense qu’on a pris une bonne décision de rallonger cette chanson pour la finir dans sa version originale, on pensait que le public en avait besoin. Beau Dommage sans Ginette….Non!

Michel Rivard et Robert Léger ont été ouverts à une adaptation musicale qui remaniait les propos de leurs textes au couleur de la comédie musicale et le grand public a su apprécié le talent de Christian ( Pélo) Péloquin pour marier ce nouvel univers de Beau Dommage à celui que l’ont respecte depuis tant d’années.

 Louisa Déry, auteure

Posté le par Louisa

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